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Logements sociaux à Bouaké (Côte d’Ivoire) : qui construit, et pour qui ?

Introduction

Se loger constitue une fonction essentielle de la ville. Cependant, la croissance démographique dans les centres urbains avec son corollaire de besoins met en péril cette fonction. « La plupart des villes des pays des Suds sont confrontées à « une crise du logement » » (I. SORY, S. LINGANI, G. KORBEOGO, 2015, p. 259). Cette situation est d’avantage manifeste en Afrique car, selon SHELTER AFRIQUE (2019, p.1), la majorité des pays africains se retrouvent avec un énorme arriéré de logements et la demande de logements dépasse rapidement l’offre avec l’augmentation de l’exode. « Dès lors, une série d’acteurs redéploie ou développe des projets d’aménagement, à commencer par les États eux-mêmes. C’est dans ce cadre que sont lancés de nouveaux programmes de promotion et de construction de logement dit « social » » (A. BIEHLER, A CHOPLIN et M. MORELLE, 2015, p.1).

Coût des matériaux de construction et production de logements dans la ville de Bouaké (Côte d’Ivoire)

Introduction

 

Les matériaux de construction sont d’une utilité importante dans la production des logements. Ils servent à la réalisation des ouvrages tant bien en béton qu’en métallique ainsi que diverses nécessités (T. BOUBEKEUR, 2017, p. 6). Cependant, fort est de constater que le prix subit une augmentation incessante sur le marché. C’est le cas du sac de ciment dont la flambée du prix est remarquable en Belgique entre 2020 et 2024 avec un taux supérieur à 83,05% (VERTUOZA, 2024, p. 1).

En Afrique, notamment au Sénégal, l’augmentation mensuelle du prix des matériaux pour le  revêtement des murs et du sol est chiffrée à 0,1% en 2024 (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, 2025, p.1). En Côte d’Ivoire en générale et à Bouaké en particulier, la hausse des coûts des matériaux de construction est aussi observée. Cette réalité impacte la qualité et la production de logements à l’origine de la hausse du coût des loyers.

Les planteurs migrants de retour et le développement de l’habitat dans la sous-préfecture de Bocanda (Centre est de la Côte d’Ivoire)

Introduction 

À l’instar des pays de l’Afrique subsaharienne, l’économie de la Côte d’Ivoire est basée sur l’agriculture. Le binôme café-cacao est la mamelle de ce pays au point où les régions de production de ces cultures agricoles constituent des foyers d’immigration (S. Y. KONAN, 2009, p.32 ; S. YEO, 2017, p.41). L’agriculture est basée sur des pratiques traditionnelles (FAO, 2005, p.3). Les  planteurs de la première boucle de café-cacao (centre-est du pays) furent contraints de migrer vers le sud et l’ouest forestier à la recherche de zones pionnières suite au déclin de cette économie dans leur zone vers la fin des années 1970 (M.C.U. 1987 cité par K.A.KOFFI, 2019, p.16). Quoique migrants, la mise en valeur de leur lieu d’origine demeure l’un des objectifs de ces planteurs. Le retour au foyer constitue également l’un de leurs projets. Les paysans ressortissants de la sous-préfecture de Bocanda, circonscription faisant partie de la première boucle de cacao-café ne font pas exception (N. J. ALOKO et Y. F. KOUASSI, 2014, p.477-748). Ces paysans sont considérés comme des aristocrates dans leurs communautés d’origine (K. A. KOFFI, 2019, p.234).  Pour ce faire, il convient de se poser la question suivante :