Le Sénégal, situé en Afrique de l’Ouest, est fortement tributaire de l’agriculture, qui constitue un secteur central pour son économie, en particulier dans les zones rurales. En effet, ce secteur représente une source majeure de revenus et un pilier fondamental pour le développement socio-économique du pays, fournissant des emplois à une grande partie de la population (PAP-PSE, 2018, p. 26). Il regroupe environ 44,5% des ménages (ANSD-RGPH-5, 2023, p. 8). Toutefois, au cours des dernières décennies, les dynamiques agricoles ont entraîné une transformation radicale du paysage terrestre, modifiant la surface agricole à un rythme sans précédent (Y. FARE, 2018, p.
La gestion durable des ressources en eau douce constitue un enjeu crucial à l’échelle mondiale, en particulier dans les régions arides et semi-arides comme le Sahel, où la pression croissante sur les écosystèmes aquatiques résulte à la fois des changements climatiques et des activités anthropiques. Dans ce contexte, la qualité de l’eau des plans d’eau continentaux fait l’objet d’une attention accrue, en raison de son rôle vital pour l’approvisionnement domestique, l’agriculture, la pêche et la conservation de la biodiversité.
Le lac de Guiers, situé au nord du Sénégal, est un réservoir d’eau douce stratégique alimentant notamment la capitale Dakar via la Société Nationale des Eaux du Sénégal (SONES). Il joue également un rôle fondamental pour les activités agro-pastorales locales et pour le maintien de zones humides d’importance écologique(M. B. SAGNA, 2015, p. 412). Toutefois, cette ressource hydrique est soumise à de multiples pressions : intensification des pratiques agricoles, urbanisation croissante, apport de polluants, et altérations du régime hydrologique (J. L. FALL et al., 2018, p. 921).
En 2013, le Sénégal a pris l’option d’aller vers une troisième réforme territoriale et administrative : l’Acte III de la décentralisation. Parti d’une volonté réparatrice des inégalités et incohérences territoriales que l’écosystème territorial traînait depuis les indépendances, l’Acte III met en avant trois objectifs : la communalisation intégrale pour l’homogénéisation des échelons territoriaux quelle qu’en soit leur nature (urbaine ou rurale), la départementalisation qui déclasse la région de l’architecture territoriale et administrative au profit des 45 départements et enfin l’érection de pôles de développement territorial capables de corriger les inégalités économiques, infrastructurelles, sociales que les régions n’ont pas su combattre (République du Sénégal, 2013).