Etude de la productivité des systèmes de cultures du coton dans le département de Korhogo en Côte d’Ivoire

Résumé

Le coton est l’une des principales cultures de rente du Nord de la Côte d’Ivoire. Cette spéculation est confrontée à des difficultés dont la faiblesse des rendements. L’objectif général de ce travail est d’analyser la productivité des systèmes de culture du coton dans le département de Korhogo. Cette étude qui intègre les Systèmes d’Informations Géographiques, a mobilisé des données primaires à l’aide d’un questionnaire adressé à 280 producteurs répartis sur sept sous-préfectures et d’un guide d’entretien pour les agents d’encadrement des structures cotonnières. Des données secondaires relatives aux différents critères retenus ont été également utilisées.

L’étude a permis de répartir les systèmes de culture dans le département de Korhogo en trois groupes dont les plus importants sont les systèmes semi-intensifs pratiqués par 50,92% des producteurs, devant les systèmes intensifs et extensifs qui concernent respectivement 37,03% et 12,05% des producteurs. Les systèmes de culture intensifs qui ont permis d’obtenir de meilleurs rendements se rencontrent plus dans les Sous-préfectures de Kiémou, Napié et Dassoungboho avec respectivement 45,63%, 38,44% et 35,94% des producteurs. Selon l’approche SIG, ces trois localités sont, par ailleurs, celles qui disposent des plus faibles proportions de surfaces favorables à la culture du coton avec respectivement 47,72%, 34,89% et 11,83% des superficies totales à Dassoungboho, Kiémou, et Napié. Les producteurs de ces localités sont plus ouverts aux innovations agricoles. Si la détention de 55,20% de sites à potentialités favorables à la culture du coton dans le Département de Korhogo est un atout pour les perspectives de production, cette étude montre que l’adoption de bonnes pratiques culturales par les producteurs est déterminante dans la productivité des systèmes de culture.

Abstract

Cotton is one of the main cash crops in northern Côte d’Ivoire. This speculation faces difficulties including low yields. The general objective of this work is to analyze the productivity of cotton growing systems in the Korhogo department. This study, which integrates Geographic Information Systems, mobilized primary data using a questionnaire addressed to 280 producers spread over seven sub-prefectures and an interview guide for structure management agents. cotton plants. Secondary data relating to the different criteria selected were also used.

The study made it possible to divide the cultivation systems in the department of Korhogo into three groups, the most important of which are the semi-intensive systems practiced by 50.92% of producers, ahead of the intensive and extensive systems which respectively concern 37.03 % and 12.05% of producers. Intensive cultivation systems which have made it possible to obtain better yields are found more in the sub-prefectures of Kiémou, Napié and Dassoungboho with respectively 45.63%, 38.44% and 35.94% of producers. According to the GIS approach, these three localities are, moreover, those which have the lowest proportions of areas suitable for cotton cultivation with respectively 47.72%, 34.89% and 11.83% of the total areas in Dassoungboho, Kiémou, and Napié. Producers in these localities are more open to agricultural innovations. If the holding of 55.20% of sites with potential favorable to cotton cultivation in the Department of Korhogo is an asset for production prospects, this study shows that the adoption of good farming practices by producers is decisive in the productivity of cropping systems.

Introduction

L’économie de la Côte d’Ivoire repose essentiellement sur l’agriculture. Elle s’est appuyée sur la spécificité des zones écologiques, dans sa politique agricole et le choix des spéculations. Au Nord, la culture du coton s’est imposée et représente aujourd’hui la principale culture de rente avec une contribution de 1 ,7% dans le PIB de la Côte d’Ivoire et sa part dans les exportations a atteint 7% au début des années 2000 (Y. S. Koffi, 2013, p. 5). En 2018, le coton représente la 4e culture de rente d’exportation, relativement aux ressources générées en Côte d’Ivoire, après le cacao, l’anacarde et l’hévéa (B. Oudin, 2020, p. 7). Selon le FIRCA (2018, p. 37), le coton est cultivé sur 1 035 000 hectares pour environ 350 000 producteurs. Il joue un rôle important dans l’économie et l’équilibre social de la Côte d’Ivoire, notamment dans les régions situées au nord et au centre du pays. Il constitue l’une des principales sources de revenus monétaires des agriculteurs de ces zones et participe de ce fait à la lutte contre la pauvreté (A. Coulibaly, 2021, p. 2).

Cependant, les acteurs de la filière coton restent soumis à de fortes contraintes qui traduisent leur vulnérabilité. Celles-ci relèvent de multiples facteurs qui tiennent à la fois des conditions naturelles, des facteurs structurels liés aux exploitations agricoles et de l’environnement socio-économique dans lequel se déroule l’activité cotonnière (N. Ramanan et al, 2024, p. 4). Dans le département de Korhogo, la cotonculture est pratiquée dans un contexte de variabilité climatique et de baisse de fertilité des sols (A. Touré, 2018, p. 59-117). Selon N. Ramanan et al, (2024, p. 4-5), la faiblesse des rendements constitue l’un des principaux facteurs de contre-performance de la filière. Cette situation suscite une interrogation : quel est le niveau de productivité des systèmes de cultures du coton dans le département de Korhogo ? C’est pour répondre à cette question que l’étude a été menée. L’objectif général de ce travail est d’analyser la productivité des systèmes de culture du coton dans le département de Korhogo. De façon spécifique il s’agira de caractériser les systèmes de cultures du coton dans le département de Korhogo, de déterminer les rendements du coton selon les systèmes de cultures dans le département de Korhogo et d’évaluer les potentialités et perspectives de production du coton dans le département de Korhogo. Le présent article s’articule autour de trois parties à savoir la méthodologie de recherche, les résultats et la discussion.

Catégorie de publications

Date de parution
30 sep 2024