Dans la commune de Fourou, l’orpaillage est devenu une activité lucrative qui attire toutes les couches de la société. En dépit de sa contribution dans l’économie locale, elle n’est pas sans conséquences sur l’environnement à travers les techniques d’extraction utilisées. La présente étude vise à analyser les techniques d’exploitation traditionnelle de l’or, les impacts de l’activité et les retombées positives sur l’amélioration des conditions de vie des populations locales. Pour atteindre cet objectif, nous avons adopté une approche à la fois qualitative et quantitative basée sur les observations de terrain, la revue documentaire, l’enquête par questionnaire auprès des orpailleurs et les interviews avec les autorités communales, coutumières et des associations de femmes et de jeunes. Les résultats de cette étude révèlent que 58% de la population enquêtée utilisent des techniques rudimentaires d’extraction avec des outils comme des pioches, des pics, des seaux et des pelles. L’exploitation artisanale de l’or a des impacts négatifs sur le milieu biophysique reconnus par 27 % des enquêtés. Cette activité a favorisé l’augmentation du niveau de vie de 80 % des personnes enquêtées. L’orpaillage artisanal dans la commune de Fourou a besoin d’un meilleur encadrement pour une meilleure conservation de l’environnement.
Mots-clés
In the rural commune of Fourou, artisanal gold mining has become a lucrative business that attracts all fringes of society. In spite of its weight in the local economy, it has an impact on the environment due to the extraction techniques used. This study aims to analyse traditional gold mining techniques, the impacts of the activity, and the positive outcomes on improving the living conditions of the local population. To achieve this objective, we adopted both qualitative and quantitative approaches based on field observations, literature review, surveys, and interviews with gold miners, communal and traditional authorities, women and youth organizations. The findings of this study reveal that 58% of the surveyed population use simple extraction techniques with tools such as pickaxes, picks, buckets, and shovels. Artisanal gold mining causes negative impacts on the biophysical environment, as acknowledged by 27% of respondents. The findings also show that gold mining activities have contributed to improving the living standards of 80% of the surveyed individuals. Artisanal gold mining in the commune of Fourou requires better regulation to ensure improved environmental conservation.
Keywords
Introduction
L’exploitation minière artisanale de l’or ou l’orpaillage est une pratique très ancienne dans le monde. Elle implique plus de 10 à 15 millions de personnes réparties dans plus de 70 pays dans le monde (A. SANOUSSI, 2020, p. 25). Cette activité est exercée en général en Afrique de l’Ouest, et en particulier au Mali depuis des siècles (S. KEITA, 2001, p. 7). Les exploitations artisanales d’or ont, tout au long de l’histoire, constitué la base de la richesse ou de la puissance de nombreux empires et royaumes de la sous-région. C’est le cas du Ghana, où la poudre d’or était utilisée comme monnaie en 1471, et donc bien avant l’arrivée des Européens. Ainsi, de 1471 à 1880, plus de 14,4 millions d’onces, représentant un peu plus de 443 tonnes, y ont été produites. C’est du reste ce qui a valu au Ghana son nom de « Côte de l’Or », attribué par les premiers explorateurs (S. KEITA, 2001, p. 6). C’est également, le cas du Mali où son sous-sol est connu pour sa richesse en or, et cela depuis la période des grands empires. L’empereur du Ghana, « Kaya-Maghan », signifiait, plus exactement, ‘‘Kagné’’=or, ‘‘Maghan’’=maître (maître de l’or). L’importance de la production aurifère à l’époque médiévale au Mali s’illustre par le célèbre pèlerinage à la Mecque effectué par l’empereur du Mali, KANKOU MOUSSA, en 1325, dont les récits ont été transmis à travers le monde (A. DANFAGA, 2021, p. 57).
Le Mali est, en effet, le troisième producteur d’or en Afrique derrière l’Afrique du Sud et le Ghana, et le huitième dans le monde. Il est devenu le premier produit d’exportation du Mali (A. SANOH, M. COULIBALY, 2015, p. 3). Le pays produit en moyenne 60 tonnes par an, et les réserves sont estimées à 658 tonnes (INSTAT, 2025, p. 110). Quant aux statistiques de la chambre des mines, le Mali compte plus d’un million de miniers artisanaux, répartis sur 350 sites aurifères. L’État a du mal à les encadrer et l’exploitation artisanale est toujours régulée par les autorités coutumières, ce qui explique la complexité de sa gestion (G. BAGAYOKO, 2025, p. 4).
Avec la prolifération des sites d’orpaillage, de nombreux jeunes de la commune rurale de Fourou s’adonnent à l’activité. Ces jeunes convergent vers les sites pour chercher à améliorer leur condition de vie et à faire face aux dépenses quotidiennes. Cependant, elle engendre de graves conséquences sur l’environnement et la santé des populations (A. DEMBÉLÉ, 2021, p. 45). De nombreuses études ont été menées dans la commune rurale de Fourou et au-delà sur l’orpaillage traditionnel dont (A. DEMBÉLÉ et al., 2025, p. 483; A. A. KONATÉ et al., 2025, p. 1221; M. A .H. D .M. SIDIBÉ, M. CAMARA, 2020, p. 91). Ces études abordent la perception des communautés locales sur les impacts de l’orpaillage et aussi les effets de l’orpaillage sur l’environnement. En revanche, ces auteurs questionnent rarement de façon holistique les liens entre les pratiques d’orpaillage et l’amélioration des conditions de vie des orpailleurs.
La présente étude se propose d’analyser les impacts des pratiques d’orpaillage sur l’amélioration des conditions de vie des populations. Il s’est agi de décrire les techniques d’extraction utilisées dans les différents sites d’orpaillages, d’identifier les impacts tout en mettant en exergue l’augmentation du niveau de vie des populations dans la commune rurale de Fourou.
