Protection des côtes et écosystèmes de la plate-forme continentale du littoral béninois (Cotonou)

Introduction

Les milieux littoraux constituent des complexes côtiers fortement humanisés. Cette attraction des populations est due à la richesse des plateaux continentaux en ressources minières et biologiques. Au niveau de la plate-forme continentale béninoise, il y avait, dans les années 60, une profusion des espèces animales, végétales et microbiennes dans les immenses écosystèmes océaniques. Les marges continentales constituent, selon F. Carré (1978, p. 43), des lisières plus ou moins étroites où s’effectue la quasi-totalité des pêches mondiales. L’océan Atlantique constituait la principale source de satisfaction des besoins essentiels des pêcheurs et aussi une des sources d’approvisionnement en protéines animales de la population béninoise. La pêche maritime artisanale y est pratiquée par des groupes socio-culturels qui exercent les activités halieutiques comme une profession ou un métier. La production moyenne annuelle est de 24922 tonnes de 1975 à 1979 (Direction de la pêche, 1979, p. 24).

Extension urbaine et protection de la nature : L’expérience mitigée de Brazzaville

Introduction

Les mouvements migratoires, la baisse de la mortalité et l’augmentation de la fécondité concourent à l’évolution démographique urbaine mondiale à un rythme exponentiel. En effet, le nombre des individus vivants dans les villes qui était de 14% en 1900 et de 28% en 1950 est passé à 55% de nos jours (Banque Mondiale, 2019, p. 13). Cette croissance de la population trop rapide a pour conséquence la conquête des espaces à bâtir. Cette conquête se fait, cependant, de façon anarchique et accélérée dans les villes des pays en développement notamment. L’extension anarchique de ces villes est le résultat de l’absence d’une bonne politique d’urbanisation qui entraîne un déphasage entre l’extension spatiale et l’implantation des équipements adéquats et des infrastructures. L’inégale distribution de la voirie et son mauvais état occasionnent une déconnexion ou une connexion insuffisante des quartiers périphériques au réseau routier et, par conséquent, l’enclavement ou le semi-enclavement des quartiers.

L’espace urbain de Daloa, un cadre spatial propice aux errements des gamins

Introduction

En Côte d’Ivoire, le processus d’urbanisation s’est déroulé du sud vers l’intérieur du pays. La transformation des paysages originels a occasionné des localités aux multiples quartiers. Les espaces urbains sont régulièrement aménagés par une population sans cesse croissante. Avec un taux d’urbanisation de 26,16% dicté par un taux d’accroissement de la population modéré, les ménages de la ville de Daloa vivent dans divers habitats, implantés à travers les 42 quartiers et 7 ‘‘villages-quartiers’’ (RGPH, 2014). Le développement urbain suscité par la forte pression démographique a occasionné dans cette localité un système éducatif démuni de centres d’accueil conséquents pour la petite enfance (KOUKOUGNON, 2012, p.18).

La scolarisation des enfants à Daloa est essentiellement portée sur les adolescents de 6 à 11 ans, lesquels ne sont pas assistés psychologiquement avant d’entamer les études primaires. L’insuffisance de structures d’encadrement des gamins de 3 à 5 ans les expose à la rue (Direction locale du MENET, 2018). Le choix de Daloa permet ainsi de répondre aux interrogations suivantes : Quelles sont les raisons des errements des enfants à travers cet espace urbain ? Quels sont les dangers auxquels sont-ils confrontés ? Quels dangers représentent-ils pour la population résidente de Daloa ? Il s’agit donc d’étudier les causes des errements des enfants dans les rues de Daloa.

Ethnoécologie des plantes indicatrices des conditions topo-édaphiques au sud de la réserve de biosphère transfrontalière du W au nord-Bénin

Introduction

L’importance des ressources végétales naturelles n’est plus à démontrer, surtout en milieu rural où le plus souvent, elles jouent un rôle fondamental dans la survie et le développement des populations (M.T.D. Hounsode et al., 2017, p.14 ; B. Sabi Lolo Ilou et al., 2017, p. 25). Plusieurs études ethnobotaniques en Afrique subsaharienne ont montré l’importance des plantes pour le bien-être des communautés locales (N.K. Ngbolua et al., 2019 p. 121 ; G.M. Lamy Lamy et al., 2018, p.1647 ; G.M. Akabassi et al., 2017, p.1980 ; N.K. Ngbolua et al., 2016 p.615-619 ; D. Ngom et al., 2014 p.5 ; O.N. Gning et al., 2013 p.5618 ; O. Sarr et al., 2013 p.13). Par ailleurs, l’ethnoécologie et l’ethnoclimatologie ont marqué l’organisation de la vie des communautés rurales parvenant à organiser chaque année les activités agricoles et à établir le calendrier d’activités saisonnières par des connaissances endogènes sur la présence et la phénologie des plantes. Certaines plantes sont utilisées comme bio-indicateur pour déterminer la fertilité des sols, la présence de l’eau et les différentes conditions climatiques (L. Zerbo et al., 2016, p.2764 ; A. Akibou, 2011 p.42).

Les activités mécaniques d’engins roulants et la réduction du chômage dans la ville de Korhogo

Introduction

Le marché du travail demeure un élément clé des économies africaines mal connu en l'absence, bien souvent, d'enquêtes statistiques nationales sur celui-ci. A Korhogo, chef-lieu de la région du Poro, carrefour et pôle de développement régional, le secteur informel est constitué par l'ensemble des activités économiques (artisanat, tourisme, commerce de rue, mécanique ...) échappant à toute forme d'enregistrement qu'il soit d'ordre fiscal, commercial et/ou statistique. Korhogo est une ville commerciale et touristique qui regorge bons nombres de services administratifs. C’est un modèle d’intégration sous régionale car elle enregistre de nombreux ressortissants de la sous-région (Maliens, Burkinabés, Ghanéens, Guinéens…). Ce fait lui a valu une rapide croissance spatiale et démographique ; par ricochet une augmentation du taux de chômage. La question est de savoir comment les activités mécaniques d’engins roulants dans la ville de Korhogo contribue-t-elle à la résolution du chômage dans ladite ville ? Ainsi, assistons-nous à la création fulgurante d’activités informelles telles que les activités mécaniques d’engins roulants.

Populations, autorités locales et développement durable à Sassandra (littoral sud-ouest de la Côte d’Ivoire) : un examen de la gouvernance environnementale

Introduction

Dans la définition normative du concept de gouvernance donné par la Banque mondiale vers la fin des années 1980, celui-ci correspond à une situation idéale de bonne administration (J.C. Nguinguiri, 1999, p.2). Ramenée à l’environnement, la gouvernance est définie comme un comportement collectif visant à une meilleure prise en compte de l’environnement (C. Beaurain, 2004). Prise dans ce sens, la gouvernance environnementale se situe en droite ligne de la logique du développement durable puisqu’elle favorise une meilleure gestion des ressources pour le bien non seulement des générations actuelles, mais aussi des générations futures (D. M. B. Backouyanga, 2013, p.62). C. Beaurain (Op. Cit.) affirme, à cet effet, que le thème de la gouvernance semble depuis quelques années irréductiblement lié à la réalisation du développement durable et plus précisément aux interrogations de nature sociétale sur les problèmes environnementaux. Par ailleurs, pour O. Godard (2004, p.314), le plus important dans le concept de gouvernance environnementale, c’est le « jeu de gestion multi-acteurs» qu’elle suppose c’est-à-dire la multiplicité d’acteurs. Actuellement, la tendance est à la participation de tous les acteurs concernés dans les projets de développement et par conséquent de gestion de l’environnement. Ces acteurs sont notamment l’État, le privé, la société civile, les populations et les « partenaires au développement (D. M. B. Backouyanga, 2013, p.52).

Impacts des pratiques sociales liées à l’espace vécu à Brazzaville

Introduction

Les populations, partout dans le monde, occupent des espaces qu’elles façonnent et aménagent en fonction des pratiques politiques, sociales, économiques et culturelles qui fondent leur existence. Les espaces habités ou des territoires sont des niveaux d’échelles de vie constituant des lieux de travail, de commerce, d’études, de loisirs et de sports car un objet géographique est fondamentalement multi scalaire (J.J. Bavoux, 1998, p.17). Le géographe H. Lefebvre in R. HERIN (2013, p.169) relève que " les rapports sociaux de production ont une existence sociale entant qu’ils ont une existence spatiale, ils projettent en un espace, ils s’y inscrivent en le produisant ". Les espaces, pour le cas présent, sont des villes dans les pays développés et en développement. Ils constituent des entités importantes de l’organisation humaine qui intègrent dans leur fonctionnement les rapports spatiaux et sociaux sans lesquels la compréhension des faits géographiques serait difficile. Cette étude de géographie humaine se situe dans le cadre de la géographie sociale en milieu urbain sachant que la géographie sociale est la géographie des faits sociaux dans un espace (R. Herin, 2013, P.168). En République du Congo, en général, et à Brazzaville, en particulier, les urbains et leurs milieux sont aussi imbriqués de façon indissociable. Les pratiques quotidiennes dans les quartiers rapprochent les habitants qui tissent des liens étroits à cause de la faiblesse voire du manque de structures publiques sociales adéquates et fiables. Malgré la difficulté de la vie urbaine, l’harmonie sociale, loin sans faux, reste établie. Les pratiques sont soit l’œuvre des groupes sociaux uniquement, soit celles initiées par des actions publiques.

Besoins d’eau de boisson et tensions sociales dans les villages de la commune de Bongouanou (centre-est ivoirien)

Introduction

Le développement local, thème porteur face à la crise des Etats africains (Kouadio, 2012, p. 9),  est une stratégie visant à susciter l’adhésion de toute une collectivité locale quant à sa participation effective au changement ou à l’amélioration de ses conditions d’existences. Calqué en Afrique Subsaharienne sur le modèle français (Kouadio, 2012, p.9), le développement local se veut une réponse aux inégalités socio-spatiales. Son succès favorise la création des richesses à l’échelle locale et réduit par exemple le pourcentage d’individus n’ayant pas accès aux services de santé et à l’eau potable, composantes de l’indicateur de développement humain (IDH) (Adjeaud, 2013, p. 79). L’offre des services de base se pose avec acuité dans les collectivités décentralisées, notamment l’adduction d’eau potable. Cela se justifie par l’urbanisation non planifiée, la migration, les nouvelles normes d’utilisation des sols, la crise économique mondiale, le changement climatique et l’incapacité de certains Etats de développer leurs services (CICR, 2009, p. 2). L’accès difficile aux services de base freine l’évolution des entités locales, singulièrement les communautés rurales. Toutefois, ces espaces ruraux sont censés amorcer les projets de développement avant de les porter à l’échelle nationale (Zadi, 2004, cité par Kouakou, 2012, p.32).

Hydrodynamique et inondation dans la dépression d’Avenou au nord-ouest de Lomé : Des averses exceptionnelles de mars 2019 et des aménagements en cause

Introduction

Dans leur quête de terrain à bâtir, certains habitants du quartier d’Avénou situé au nord-ouest de Lomé ont pris d’assaut une dépression fermée, quasiment à sec toute l’année, aux premières années de son occupation (1980) pour y construire leurs maisons. La densification des habitations qui s’en est suivi avec le temps a imprimé une nouvelle dynamique aux eaux de ruissellement qui s’est traduite, dans les faits, par des inondations récurrentes. Ces inondations quasiment annuelles sont plus ou moins supportables par les riverains qui mettent en place des dispositifs de lutte contre l’inondation. Cependant, dans la nuit du 16 au 17 mars 2019, les populations riveraines de cette dépression ont été réveillées par une inondation impressionnante, suite à une pluie diluvienne. Cette inondation meurtrière suscite des interrogations en ce qui concerne les causes de sa survenue dans cette dépression. Ainsi, quelles sont les causes de cette inondation dans une dépression qui, aux dires des riverains, n’a jamais connu une inondation d’une telle ampleur ? Quels sont les impacts de cette inondation sur le cadre de vie de la population riveraine ?

Le quartier d’Avénou à l’instar des autres quartiers de la périphérie nord de Lomé est situé sur le plateau de Tokoin, un des maillons des plateaux détritiques d’âge Néogène caractérisant le bassin sédimentaire côtier (A. B. Blivi, 1997, p. 176). Ces plateaux de « terre de barre » sont truffés de dépressions fermées de diamètres variant entre 100 et 600 m (Gnongbo, 2017, p. 46). Celle d’Avénou sur le front nord-ouest qui fait l’objet de cette étude est située entre le 6°10’30" et 6°11’0" de latitude nord et le 1°11’0" et 1°11’30" de longitude est (figure 1).

Problèmes et stratégies de remédiation liés à l’offre de service scolaire public de base dans la ville de Sakassou (Côte d’Ivoire)

Introduction

Au lendemain de son assertion à la souveraineté nationale en 1960, l’État de Côte d’Ivoire a fait de l’éducation « la priorité des priorités » avec pour objectif d’assurer la scolarisation à 100% de la jeunesse. À cet effet, il a ratifié de nombreuses conventions internationales (Jomtien en 1990, Forum mondial de Dakar en 2000, Assemblée des Nations Unies en 2000 pour les OMD, etc.). L’État de Côte d’Ivoire a aussi investi une bonne partie de son PIB dans l’éducation (18,28 % en 2019 selon le Ministère auprès du premier ministre chargé du budget, 2019, p. 29). Cette politique a permis d’accomplir des progrès considérables pour accueillir les nouvelles générations. Malgré cela, le taux de scolarisation des enfants dans le pays n’a pas encore atteint les 100 %. Il est de 91,06 % avec un taux d’achèvement de 77,7 % (MENETFP, 2018, p. 36). Les écoles souffrent d’un manque criard d’infrastructures scolaires surtout dans un contexte de croissance démographique soutenue ou la population d’âge scolaire (6 à 11 ans) ne cesse d’augmenter. Cette population est passée de 2 635 627 enfants en 1998 à 3 571 909 enfants en 2014, impliquant un taux moyen annuel de croissance de 2,6 % (INS, 1998, 2014). La situation s’est aggravée à la faveur des différentes crises socio-politiques qui se sont succédées depuis 1990. Celles-ci ont contribué à réduire de façon substantielle la part du PIB consacrée à l’éducation de 36 % en 1990 à 18,28 % en 2019 (Banque Mondiale, 2011, p. 10 ; Ministère auprès du premier ministre chargé du budget, 2019, p. 29).